euphorie


euphorie

euphorie [ øfɔri ] n. f.
• 1732; gr. euphoria « force de porter », de eu « bien » et pherein « porter »
1Méd. Impression intense de bien-être général, pouvant aller jusqu'à un état de surexcitation (surtout chez les malades mentaux ou les drogués). détente, soulagement.
2(fin XIXe) Cour. Sentiment de parfait bien-être et de joie. 1. aise, allégresse, béatitude, bien-être, bonheur, contentement, extase, optimisme, satisfaction. Être en pleine euphorie. Dans l'euphorie générale. « l'autre, tout à l'euphorie de son arrivée dans la capitale, ne s'en aperçut point » (Aragon).
⊗ CONTR. Dysphorie. Angoisse, dépression, douleur.

euphorie nom féminin (grec euphoria) Sensation intense de bien-être, d'optimisme. Sentiment de grande joie, de satisfaction, de contentement : L'euphorie des premiers mois de vie commune.euphorie (citations) nom féminin (grec euphoria) Alexandre Arnoux Digne 1884-Paris 1973 Il existe une euphorie du mal, aussi ouatée, aussi paisible, aussi délicate que celle de la vertu et de la charité, mais moins fade sans doute et relevée d'un certain piment. Les Crimes innocents Albin Micheleuphorie (synonymes) nom féminin (grec euphoria) Sensation intense de bien-être, d'optimisme.
Synonymes :
- bien-être
- détente
Contraires :
- dépression
- mélancolie
- neurasthénie
Sentiment de grande joie, de satisfaction, de contentement
Synonymes :
- béatitude
- félicité

euphorie
n. f. Sentiment de profond bien-être, de joie. être en pleine euphorie.

⇒EUPHORIE, subst. fém.
A.— MÉD. Impression de bien-être, de soulagement, parfois illusoire, provenant soit d'une amélioration de l'état de santé, soit de l'action de certains médicaments ou stupéfiants. Notre médecin (...) m'avait conseillé (...) de prendre de la bière, du champagne ou du cognac quand je sentais venir une crise. Celles-ci avorteraient, disait-il, dans l'« euphorie » causée par l'alcool (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p. 496). C'était une habituée de la drogue (...). Le suicide n'est pas sûr. Possible qu'elle ait seulement forcé un peu la dose (...). Le système nerveux réagit mal, l'euphorie tarde à venir, ils en remettent et le cœur s'effondre (BERNANOS, Crime, 1935, p. 830).
B.— P. ext., usuel
1. Sentiment de bien-être, d'épanouissement physique, spirituel. Ce sentiment d'aise, cette euphorie de tous leurs organes ne leur venait pas du large paysage, des terrasses, des collines lointaines (GIRAUDOUX, Bella, 1926, p. 15). Je ne pensais à rien, j'étais en pleine euphorie, ayant participé par politesse à ses libations (SAGAN, Bonjour tristesse, 1954, p. 57).
2. État de confiance, d'optimisme parfois excessif ou injustifié. Jos-Mari n'était pourtant pas dans le même état d'euphorie que son élève. Il ne partageait pas son éblouissement, sa confiance endormie (PEYRÉ, Matterhorn, 1939, p. 166). Je vous comprends. La libération est encore toute fraîche; vous nagez tous en pleine euphorie (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 35) :
Le sens de l'abondance de l'être, la joie de la connaissance du monde et de la liberté et l'élan vers la découverte scientifique, l'enthousiasme créateur et la dilection de la beauté des formes sensibles décèlent au temps de la renaissance des sources inextricablement naturelles et chrétiennes. C'est une sorte d'euphorie qui s'empare alors de l'homme; il se tourne vers les documents de l'antiquité païenne avec une fièvre que les païens n'avaient pas connue...
MARITAIN, Human. intégr., 1936, p. 33.
3. Sérénité de l'âme. M. de Coantré connut une sorte d'euphorie comparable à celle du martyr qui monte sur le bûcher, ou, mieux encore, à celle de l'homme qui se fait ouvrir les veines (MONTHERL., Célibataires, 1934, p. 801). Monologue de l'âme enfin libre et dialogue heureux de l'âme avec un univers soudain doué de transparence créent la même euphorie, la même cristallisation d'un monde devenu harmonieux (BÉGUIN, Âme romant., 1939, p. 332).
4. [En parlant d'un pays, d'une collectivité] Bien-être, prospérité. Euphorie budgétaire (ROB.).
Prononc. et Orth. :[]. Enq. //. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1. 1732 méd. (Ph. HECQUET, Brigandage de la Médecine, Utrecht, p. 204 ds Fr. mod. t. 38, p. 72); 2. 1906-07 p. ext. (BARRÈS, Cahiers, t. 5, p. 93 : la figure rayonnante d'euphorie). Empr. au gr. (sens 1 ds LIDDELL-SCOTT). Fréq. abs. littér. :109. Bbg. ARVEILLER (R.). R. Ling. rom. 1971, t. 35, p. 217.

euphorie [øfɔʀi] n. f.
ÉTYM. 1732; grec euphoria « force de porter »; de eu-, et grec pherein « porter ».
1 Méd. Impression de bien-être général, pouvant aller jusqu'à un état de surexcitation (surtout chez les malades mentaux ou les drogués). || L'euphorie causée par une amélioration véritable ou illusoire de l'état de santé. || Euphorie du convalescent qui guérit. || Euphorie provoquée par les stupéfiants. || Euphorie qu'éprouvent certains malades aux approches de la mort. Détente, soulagement.
1 Pour éviter les crises de suffocation que me donnerait le voyage, le médecin m'avait conseillé de prendre au moment du départ un peu trop de bière ou de cognac, afin d'être dans un état qu'il appelait « euphorie », où le système nerveux est momentanément moins vulnérable.
Proust, À la recherche du temps perdu, t. IV, p. 64.
2 L'Euphorie, dont on peut donner pour type de description la paralysie générale au début, se traduit par un sentiment de bien-être et de satisfaction qui rend le sujet content de tout et de tous; son faciès béat, ses attitudes, ses gestes, ses mouvements et ses propos révèlent un contentement inébranlable. En dehors de la paralysie générale (…) on peut voir l'euphorie (…) dans l'alcoolisme, surtout au début de l'ivresse, où l'ivrogne voit tout en beau et se trouve enclin à tout excuser.
Barbé, Psychiatrie, p. 31-32.
2.1 Jusqu'à la fin, le malade garde ce sentiment d'euphorie qui lui fait dire chaque jour qu'il est dans un monde supérieur, ailleurs, qu'il va mieux, que bientôt il se lèvera pour aller en convalescence, etc.
B. Cendrars, Moravagine, p. 258.
2 (Fin XIXe). Cour. Sentiment de bien-être et de joie. Aise, alacrité, béatitude, bien-être (cit. 5), bonheur, contentement, enjouement, entrain, excitation, extase, optimisme, plaisir, satisfaction. || Éprouver de l'euphorie, une grande euphorie. || Être dans l'euphorie, en pleine euphorie. || Alors, ça va ? Oui, très bien, c'est l'euphorie. || Euphorie générale.
3 Ce vocable, issu du grec et employé par des spécialistes pour les besoins de la science, a perdu son caractère scientifique pour tomber dans le domaine du pédantisme. En effet, pour la masse, c'est-à-dire pour les non-initiés, euphorie, qui fait riche, est employé à tout propos pour signifier le fait de se bien porter, ou tout simplement le bien-être.
A. Bottequin, Subtilités et délicatesses de langage, p. 157.
4 Sorti de là dans un état de légèreté physique incroyable, rappelant un peu celui que je décris dans Si le grain ne meurt. Mais j'ai eu sitôt ensuite le grand tort de fumer, ce qui a aussitôt banalisé et engourdi mon euphorie.
Gide, Journal, 1er janv. 1923.
5 Les bras croisés, Edmond eut ici un regard parfaitement impertinent, mais l'autre, tout à l'euphorie de son arrivée dans la capitale, ne s'en aperçut point.
Aragon, les Beaux Quartiers, p. 203.
3 Bien-être, prospérité (d'un pays). || Grands travaux décidés en période d'euphorie. || Euphorie budgétaire, euphorie économique.
CONTR. Dysphorie. — Asthénie, angoisse, dépression, douleur. — Chagrin, tristesse. — Restriction. — Abattement, désespoir, inquiétude, peur.
DÉR. Euphorique, euphoriser.

Encyclopédie Universelle. 2012.